FLASH FLASH FLASH – Prof André Mbata, Sec. Permanent, à la tête d’une importante délégation du Présidium, de la Jeunesse de l’USN (J-USN) et du Rassemblement des Enfants de Dieu pour la Transformation du Congo et Alliés (REDTCO-A) ce week-end à Kalémie pour l’installation des animateurs des structures de l’USN/Tanganyika.
FLASH FLASH FLASH
Redynamisation de l’Union Sacrée de la Nation (USN) partout dans le pays
Prof André Mbata Mangu, Secrétaire Permanent, à la tête d’une importante délégation du Présidium, de la Jeunesse de l’USN (J-USN) et du Rassemblement des Enfants de Dieu pour la Transformation du Congo et Alliés (REDTCO-A) ce week-end à Kalémie pour l’installation des animateurs des structures de l’USN/Tanganyika.
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POLITIQUE | JEUNESSE DE L’UNION SACRÉE
Théodore Kazadi Muayila réaffirme son soutien indéfectible aux activités de la jeunesse de l’Union sacrée à Kinshasa.
Le Vice-ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Son Excellence Théodore Kazadi
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Le Secrétaire Permanent, Prof. André MBATA MANGU a reçu ce vendredi 30 octobre 2026 le Bureau de la Coordination nationale des Femmes du Parti politique Alliance des Forces Démocratiques du Congo, en sigle AFDC cher au Processeur Modeste BAHATI LUKWEBO.
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Le Secrétaire Permanent, Prof. André MBATA MANGU a reçu ce vendredi 30 octobre 2026 le Bureau de la Coordination nationale des Femmes du Parti politique Alliance des Forces Démocratiques du Congo, en sigle AFDC cher au Processeur Modeste BAHATI LUKWEBO.
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🚨🚨🚨 URGENCE URGENCE – URGENCE !
🇨🇩 KINSHASA | RÉUNION STRATÉGIQUE À L’HÔTEL HILTON
Une importante réunion stratégique s’est tenue à Kinshasa, à l’hôtel Hilton, avec Lydia Mutyebele, députée fédérale belge, autour des perspectives et des ambitions

Bonne mission !
L’Union Sacrée de la Nation : une étoile qui brille dans le ciel congolais
Par Prof. Odon Kakesa
Dans le ciel de la République démocratique du Congo, certaines étoiles apparaissent comme des signes d’espérance. Elles ne dissipent pas immédiatement toutes les ténèbres, mais elles indiquent une direction. Elles rappellent à l’homme qu’au-delà de la nuit existe toujours une possibilité d’aube.
C’est dans cette perspective symbolique que l’on peut considérer l’Union Sacrée de la Nation (USN) comme une étoile appelée à briller dans le ciel congolais : une étoile de rassemblement, de cohésion, de solidarité et d’espérance, dont la vocation affichée est de contribuer à la construction d’une communauté nationale capable de placer la personne humaine au cœur du développement.
L’USN est d’abord une plateforme politique. Mais une plateforme politique ne prend véritablement son sens historique que lorsqu’elle est capable de traduire ses principes en pratiques, ses engagements en réalisations et ses ambitions en amélioration concrète des conditions de vie de la population. Depuis sa structuration, l’USN est présentée comme un cadre de rassemblement des forces politiques qui accompagnent l’action du président Félix-Antoine Tshisekedi. En août 2025, ses responsables ont notamment mis en avant la cohésion interne, la concertation, la collaboration et la proximité avec la population.
Mais une étoile ne brille pas pour elle-même. Elle brille pour éclairer.
I. Une étoile de rassemblement
La première vocation de l’Union Sacrée devrait être celle du rassemblement.
Le Congo est une nation immense, plurielle, riche de ses langues, de ses cultures, de ses provinces, de ses sensibilités politiques, de ses traditions religieuses et de ses expériences historiques. Cette diversité ne doit pas nécessairement être une faiblesse. Elle peut devenir une force lorsqu’elle est organisée autour d’un projet commun.
Construire la communauté nationale signifie donc apprendre à vivre ensemble sans demander à chaque Congolais de renoncer à son identité.
L’unité nationale ne signifie pas l’uniformité.
Elle signifie plutôt la capacité de plusieurs identités à reconnaître qu’elles appartiennent à une même communauté politique : la République démocratique du Congo.
C’est ici que l’idée d’Union prend toute sa profondeur. Une union véritable ne consiste pas simplement à additionner des partis, des personnalités ou des structures. Elle consiste à créer un espace dans lequel les différences peuvent être mises au service d’une finalité supérieure : le bien commun.
L’Union Sacrée ne devrait donc pas être seulement une coalition électorale ou parlementaire. Elle peut être pensée comme une école de citoyenneté politique, dans laquelle l’intérêt particulier apprend à se soumettre à l’intérêt général.
II. Une communauté ne se construit pas sans la personne humaine
Il n’existe pas de société véritable sans personnes.
L’État, les institutions, les partis politiques, les administrations, les entreprises et les organisations sociales n’ont finalement de sens que parce qu’ils sont au service de l’être humain.
Le développement du Congo ne peut donc être réduit à la construction des routes, des ponts, des bâtiments, des barrages ou des infrastructures numériques. Ces éléments sont indispensables, mais ils constituent des moyens.
La finalité ultime demeure la dignité de la personne.
Cette conception rejoint d’ailleurs l’orientation affichée dans le programme présidentiel : l’éducation y est présentée comme une clé du changement et un ascenseur social, tandis que l’emploi, la santé, l’autonomisation des femmes et la promotion de la jeunesse figurent parmi les priorités relatives à la personne humaine.
Un Congo développé est donc un Congo dans lequel l’enfant peut apprendre, le jeune peut travailler, la femme peut entreprendre et participer pleinement à la société, la personne âgée peut vivre dignement, la personne vivant avec handicap peut exercer ses droits et le citoyen peut accéder aux services essentiels.
Le véritable développement commence lorsque le Congolais cesse d’être considéré uniquement comme une statistique et devient le sujet du développement.
III. De la politique du pouvoir à la politique du service
Toute organisation politique porte une tentation : celle de confondre la conservation du pouvoir avec l’accomplissement de sa mission.
L’Union Sacrée doit constamment se prémunir contre cette confusion.
Le pouvoir politique n’est pas une propriété. Il est une responsabilité.
Être investi d’une fonction publique signifie accepter une obligation morale envers la communauté. Le responsable politique ne devrait pas se demander uniquement : « Que puis-je obtenir de la politique ? » Il devrait d’abord se demander : « Que puis-je apporter à mon pays ? »
Cette transformation du rapport au pouvoir est essentielle.
La politique congolaise a besoin d’une culture du service, de la compétence, de la probité, de la responsabilité et de l’évaluation.
L’Union Sacrée peut être une étoile si elle devient un espace où les responsabilités sont attribuées non seulement en fonction de la loyauté politique, mais aussi de la compétence, de l’intégrité, de l’expérience et de la capacité à produire des résultats.
Une nation ne se développe pas uniquement avec des discours.
Elle se développe avec des femmes et des hommes capables de transformer les décisions publiques en résultats visibles dans la vie quotidienne.
IV. L’épanouissement de la personne comme mesure du développement
Parler de développement sans parler d’épanouissement humain serait réduire le développement à sa dimension économique.
Or, l’homme ne vit pas seulement de pain.
Il a besoin d’éducation, de culture, de liberté, de sécurité, de justice, de spiritualité, de relations sociales, de reconnaissance et de possibilités de réaliser ses capacités.
L’épanouissement de la personne congolaise suppose donc plusieurs conditions.
Il faut d’abord l’éducation.
Une nation qui éduque sa jeunesse prépare son avenir. Une nation qui abandonne sa jeunesse compromet son avenir.
Il faut ensuite l’emploi.
Un jeune diplômé qui ne trouve aucune possibilité de travailler finit par considérer son diplôme comme une promesse non tenue. La politique publique doit donc créer les conditions permettant aux compétences de devenir productives.
Le lancement, en juin 2026, du programme présidentiel « Debout Jeunes Congolais », consacré notamment à la formation professionnelle, à l’emploi et à l’entrepreneuriat des jeunes, illustre cette priorité affichée dans l’action publique.
Il faut également la santé.
Il faut la sécurité.
Il faut la justice.
Il faut enfin la possibilité de participer à la vie de la communauté.
L’homme épanoui n’est pas celui qui possède nécessairement beaucoup de biens matériels. C’est celui qui peut développer ses capacités, vivre dans la dignité, participer à la société et envisager l’avenir avec confiance.
V. Une étoile qui doit éclairer la jeunesse
La jeunesse congolaise constitue l’un des grands enjeux de l’avenir national.
Elle représente une force démographique, intellectuelle, culturelle, sportive, économique et politique considérable.
Mais une jeunesse nombreuse sans formation, sans emploi et sans perspectives peut également devenir une jeunesse désorientée.
C’est pourquoi la construction du Congo doit être pensée comme une transmission.
Les générations présentes doivent préparer celles qui viennent.
L’Union Sacrée devrait ainsi accorder une attention particulière à l’éducation civique et politique de la jeunesse. Il ne suffit pas de demander aux jeunes de soutenir une cause politique. Il faut leur apprendre à comprendre les institutions, la Constitution, leurs droits, leurs devoirs, l’histoire nationale et les mécanismes de la démocratie.
Le jeune Congolais doit pouvoir comprendre pourquoi il est citoyen avant même de devenir militant.
C’est à cette condition que la politique cesse d’être uniquement une compétition pour les postes et devient une éducation à la responsabilité collective.
VI. Le développement doit atteindre les territoires
Le Congo ne peut pas se développer uniquement à partir de Kinshasa.
La nation congolaise commence dans les territoires, les villes, les villages, les quartiers et les communautés locales.
Le développement doit donc être territorial.
Les infrastructures, l’eau, l’électricité, les écoles, les centres de santé, les routes, l’agriculture, les marchés et les possibilités d’emploi doivent progressivement atteindre les populations éloignées des grands centres urbains.
Le programme présidentiel accorde une place importante au développement territorial, aux infrastructures, à l’agriculture, à l’énergie, à l’eau et à la diversification économique.
L’enjeu est de passer d’un Congo où les opportunités sont fortement concentrées à un Congo où chaque territoire peut participer à la création de richesse.
Le développement ne doit pas seulement descendre du sommet vers la base.
Il doit également monter de la base vers le sommet.
Cela signifie que les populations locales, les autorités provinciales, les entrepreneurs, les agriculteurs, les jeunes, les femmes et les organisations de la société civile doivent participer à la définition des priorités.
VII. Une communauté politique fondée sur la solidarité
Le mot « Sacrée » contenu dans l’appellation de l’Union Sacrée peut également être compris comme une invitation à considérer la nation comme une réalité qui dépasse les intérêts individuels.
Il ne s’agit pas de sacraliser une organisation politique ou ses dirigeants.
Il s’agit de reconnaître le caractère fondamental de la responsabilité envers la nation.
La solidarité nationale signifie que le développement du Nord-Kivu concerne le Kongo-Central ; que la situation du Kasaï concerne le Haut-Katanga ; que les difficultés de l’Ituri concernent Kinshasa ; que le développement de Kinshasa concerne l’ensemble du pays.
La RDC n’est pas une addition de provinces.
Elle est une communauté de destin.
Lorsqu’une partie du pays souffre, toute la nation est concernée.
Lorsqu’une province progresse, toute la nation doit pouvoir bénéficier de cette progression.
Cette conception de la solidarité est particulièrement importante dans un pays marqué par les inégalités territoriales et les défis sécuritaires. Les orientations publiques affichées ces dernières années associent d’ailleurs pacification, réconciliation nationale, démocratie, État de droit et lutte contre la pauvreté.
VIII. L’Union Sacrée et la culture du dialogue
Une étoile qui éclaire ne doit pas aveugler.
Cette distinction est importante.
Une majorité politique a besoin de cohésion, mais une démocratie a également besoin de débat, de contradiction et de contrôle.
La communauté nationale ne peut pas être construite par l’exclusion de ceux qui pensent différemment.
Le dialogue national est donc une nécessité permanente.
Il permet de rechercher des convergences sans supprimer les différences.
En septembre 2026, la Présidence a encore présenté le dialogue national comme un cadre de concertation autour de la paix, de la cohésion et de la refondation de l’État.
Cette culture du dialogue doit également exister au sein même des organisations politiques.
L’Union Sacrée gagnerait à faire de la concertation une méthode permanente : écouter, discuter, argumenter, décider et rendre compte.
La véritable cohésion n’est pas le silence.
La véritable cohésion est la capacité de rester ensemble malgré les divergences, lorsque l’intérêt national l’exige.
IX. Une étoile doit accepter d’être évaluée
Toute espérance politique doit accepter l’épreuve de la réalité.
L’Union Sacrée peut porter un projet de rassemblement et de développement. Mais ce projet doit être évalué à partir de résultats concrets.
Une étoile politique ne brille véritablement que lorsque sa lumière est perceptible par ceux qui vivent dans l’obscurité.
Le citoyen doit pouvoir demander :
– Les conditions de vie s’améliorent-elles ?
– Les jeunes trouvent-ils davantage d’opportunités ?
– L’école forme-t-elle réellement les citoyens de demain ?
– Les services publics deviennent-ils plus accessibles ?
– La sécurité progresse-t-elle ?
– La justice fonctionne-t-elle avec indépendance et efficacité ?
– Les territoires bénéficient-ils du développement ?
– Les femmes et les personnes vulnérables participent-elles davantage à la vie économique et sociale ?
– Les ressources nationales profitent-elles réellement à la population ?
Ces questions ne sont pas des actes d’hostilité politique.
Elles constituent au contraire l’expression normale de la citoyenneté.
Une démocratie vivante ne demande pas au citoyen de croire aveuglément. Elle lui donne les moyens d’observer, de comprendre, de questionner et d’évaluer.
X. L’éthique comme fondement de l’Union
Il n’y aura pas de véritable transformation du Congo sans transformation éthique.
La corruption, le favoritisme, le tribalisme, le clientélisme, l’impunité et le détournement des ressources publiques ne sont pas seulement des problèmes administratifs.
Ils sont des problèmes moraux.
Ils détruisent la confiance.
Or aucune communauté ne peut vivre durablement sans confiance.
La construction de l’État congolais doit donc être accompagnée d’une véritable éthique de la responsabilité.
Chaque responsable doit comprendre que les ressources publiques ne lui appartiennent pas.
Chaque fonctionnaire doit comprendre qu’il est au service du citoyen.
Chaque élu doit comprendre qu’il représente une communauté.
Chaque militant doit comprendre que l’appartenance politique ne supprime pas la conscience morale.
Et chaque citoyen doit comprendre que la République n’est pas seulement l’affaire des dirigeants.
Elle est aussi son affaire.
XI. L’Union Sacrée comme projet de civilisation
Au fond, la question posée à l’Union Sacrée dépasse les échéances électorales.
Elle touche à la conception même que nous avons du Congo.
Quel Congo voulons-nous transmettre à nos enfants ?
Un Congo dans lequel chacun cherche à prendre sa part ?
Ou un Congo dans lequel chacun cherche également à apporter sa contribution ?
Un Congo dans lequel la richesse est concentrée entre quelques mains ?
Ou une économie capable de créer des opportunités pour le plus grand nombre ?
Un Congo où la politique divise les citoyens ?
Ou une politique capable d’organiser leurs différences autour d’un projet commun ?
L’Union Sacrée peut être considérée comme une étoile dans le ciel congolais à condition que son ambition dépasse la simple arithmétique politique.
Elle doit contribuer à faire émerger une culture nationale du bien commun.
Le développement véritable ne sera pas seulement celui du PIB, des infrastructures ou des investissements. Il sera aussi celui de la conscience nationale.
XII. Du rêve à la responsabilité
Toute étoile commence par être un point lumineux dans l’immensité du ciel.
Mais la lumière ne suffit pas.
Il faut des hommes et des femmes capables de marcher dans la direction qu’elle indique.
L’Union Sacrée peut représenter une étoile de rassemblement et d’espérance dans le paysage politique congolais. Les orientations officiellement affichées mettent notamment en avant la cohésion, la réconciliation, la démocratie, l’État de droit, l’éducation, l’emploi, la santé, l’autonomisation et la lutte contre la pauvreté.
Mais la véritable question est celle de la traduction de ces ambitions dans la vie quotidienne.
Une politique de développement n’est réussie que lorsque le citoyen en ressent les effets.
Une politique sociale n’est réussie que lorsque la dignité humaine progresse.
Une politique éducative n’est réussie que lorsque l’enfant apprend mieux.
Une politique économique n’est réussie que lorsque la production augmente et que les possibilités de travail se multiplient.
Une politique de cohésion n’est réussie que lorsque les Congolais apprennent à se considérer comme membres d’une même communauté nationale.
En définitive, que l’étoile devienne lumière
L’Union Sacrée de la Nation peut être regardée comme une étoile dans le ciel congolais : une image d’espérance, de rassemblement et de responsabilité.
Mais une étoile n’est pas une destination.
Elle est une orientation.
Elle indique le chemin sans marcher à la place de ceux qui doivent l’emprunter.
Le véritable défi de l’Union Sacrée est donc de contribuer à construire une communauté congolaise dans laquelle la personne humaine constitue la finalité du développement, la citoyenneté constitue la méthode, la solidarité constitue la valeur et le bien commun constitue l’horizon.
Le Congo a besoin d’une politique qui rassemble sans uniformiser, qui gouverne sans humilier, qui développe sans exclure, qui protège sans discriminer et qui transmette aux générations futures davantage d’espérance qu’elle n’en a reçue.
Alors seulement, l’étoile de l’Union Sacrée pourra devenir une lumière véritablement utile au peuple congolais.
Car, en définitive, la grandeur d’une nation ne se mesure pas seulement à l’étendue de son territoire ou à l’abondance de ses richesses naturelles. Elle se mesure à la dignité qu’elle offre à ses citoyens et à la capacité de ceux-ci à construire ensemble leur avenir.
L’Union fait la force.
La solidarité construit la communauté.
L’éthique élève la personne.
Et le développement donne à la nation les moyens de réaliser sa destinée.
Que l’étoile congolaise continue donc de briller, non pour éblouir, mais pour éclairer le chemin du peuple.
CONGOLAIS, ES-TU UN PEUPLE INACHEVÉ POUR TOLÉRER LE RETOUR D’HYP POLITE KANAMBE AU POUVOIR ?
Pour une conscience nationale éveillée, une mémoire collective vigilante et une résistance citoyenne pacifique
Par Prof. Odon Kakesa
Un peuple peut-il oublier sa propre histoire ?
Congolaises, Congolais,
Une nation ne se construit pas uniquement avec des frontières, un drapeau et un hymne national. Elle se construit aussi avec une mémoire, une conscience morale et une volonté collective de ne plus laisser se répéter les tragédies de son histoire.
Aujourd’hui, une question fondamentale interpelle notre conscience nationale : sommes-nous devenus un peuple politiquement résigné au point de tolérer le retour au pouvoir de celui que nous désignons sous son vrai nom d’Hippolyte Kanambe, associé à Joseph Kabila ?
Cette question n’est ni une simple provocation ni une querelle de personnes. Elle touche au cœur même de l’éthique politique : la responsabilité des dirigeants, la dignité des victimes, la vérité historique et le droit du peuple congolais de choisir librement son avenir.
Le philosophe allemand Emmanuel Kant nous donne un principe moral essentiel :
« Agis de telle sorte que tu traites l’humanité […] toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen. »
Emmanuel Kant, *Fondements de la métaphysique des mœurs* (1785).
Ce principe nous rappelle qu’aucun pouvoir politique ne peut légitimement traiter une population comme un instrument de domination, une masse à soumettre ou une vie humaine dont on pourrait disposer arbitrairement.
I. La question de l’identité : la vérité avant la passion politique
Le parcours du fils de Kanambe, alias, Joseph Kabila, son arrivée sur la scène politique congolaise, les circonstances de son accession à la présidence et les controverses relatives à son identité ont alimenté, pendant des années, de nombreux débats au sein de la société congolaise.
Des interrogations persistent également dans certains milieux au sujet de son origine, de son histoire personnelle et des conditions de son intégration dans la vie politique nationale.
Cependant, une exigence intellectuelle s’impose : les questions relatives à l’identité et à la nationalité doivent être examinées à partir de documents authentifiables, de témoignages vérifiés et des règles constitutionnelles applicables. Cela s’est fait et il apert que l’indivudu est un citoyen rwandais, qui est arrivé au Congo dans les bagages de l’Afdl.
La dignité d’une nation exige la vérité, et la vérité exige la rigueur.
Mais le débat sur l’identité ne doit pas nous faire oublier l’essentiel : la légitimité politique ne dispense jamais un dirigeant de rendre compte de ses actes.
La véritable question est donc aussi celle-ci : quelle responsabilité politique, morale et, le cas échéant, judiciaire les anciens dirigeants doivent-ils assumer devant le peuple congolais ?
II. Les victimes du Congo : peut-on construire l’avenir sur l’oubli ?
Notre pays porte les cicatrices de décennies de guerres, de massacres, de déplacements forcés, de violences sexuelles et de souffrances humaines, particulièrement dans l’Est de la République démocratique du Congo, sous le régime d’Hippolyte Kanambe.
Des organisations internationales et des défenseurs des droits humains ont documenté de graves violations commises par différentes parties aux conflits dont il a toujours été le commandant. Les responsabilités doivent être établies sur la base d’enquêtes sérieuses, de preuves et de procédures impartiales.
Il serait injuste envers les victimes de transformer leurs souffrances en simples arguments de propagande. Il serait tout aussi injuste de les abandonner au silence pour préserver les intérêts d’un homme, d’un parti ou d’un réseau politique.
Le philosophe espagnol George Santayana a formulé une mise en garde devenue célèbre :
« Ceux qui ne peuvent se souvenir du passé sont condamnés à le répéter. »
George Santayana, *The Life of Reason* (1905).
Cette pensée doit résonner dans la conscience de chaque Congolais.
Combien de familles ont perdu leurs enfants ? Combien de femmes ont subi des violences indicibles ? Combien de villages ont été dévastés ? Combien de jeunes ont grandi dans la peur, l’exil et l’incertitude ?
Aucune ambition politique ne devrait pouvoir effacer ces questions.
*La mémoire des victimes n’est pas une arme de vengeance : elle est une exigence de justice.*
Si des responsabilités sont établies contre d’anciens responsables politiques ou militaires, elles doivent être examinées par des institutions indépendantes. L’impunité, lorsqu’elle est avérée, affaiblit l’État de droit et encourage la répétition des abus.
III. Un peuple inachevé ou un peuple privé de sa souveraineté morale ?
Revenons à notre interrogation initiale : le peuple congolais est-il un peuple inachevé ?
Non ! Aucun peuple n’est intrinsèquement inachevé, inférieur ou incapable de liberté. Mais tout peuple peut connaître des moments de fatigue politique, de division, de peur ou de résignation.
Un peuple devient vulnérable lorsque ses citoyens finissent par croire que leur voix ne compte plus, que les puissants sont intouchables et que la politique n’est qu’un jeu réservé à quelques individus.
Étienne de La Boétie, dans son *Discours de la servitude volontaire*, nous invite à réfléchir aux mécanismes par lesquels une population en vient à accepter sa propre domination.
Cette réflexion nous interpelle : comment des citoyens peuvent-ils défendre leur liberté s’ils renoncent eux-mêmes à exercer leur jugement critique ?
Le problème n’est donc pas seulement le retour éventuel d’un ancien dirigeant. Le problème est la capacité de la société congolaise à exiger des comptes, à défendre ses institutions et à refuser que le pouvoir soit considéré comme une propriété personnelle.
Le philosophe John Locke rappelait que le pouvoir politique repose sur le consentement des gouvernés et qu’il ne saurait être légitime lorsqu’il se détourne de la mission pour laquelle il a été institué.
La République démocratique du Congo n’appartient ni à un ancien président, ni à un président en exercice, ni à un parti politique, ni à une famille. *Elle appartient à ses citoyens.*
Par conséquent, aucun homme ne devrait être considéré comme indispensable au point que son retour au pouvoir devienne une fatalité imposée à la nation.
IV. Le retour d’un ancien dirigeant : une question de responsabilité démocratique
Dans une démocratie, un ancien chef d’État peut prétendre participer de nouveau à la vie politique, mais cette possibilité ne saurait le soustraire au jugement des citoyens, aux exigences constitutionnelles et à l’examen de son bilan.
La démocratie ne consiste pas à interdire arbitrairement à un adversaire de s’exprimer ou de participer à la vie publique. Elle consiste à garantir des règles communes, des institutions crédibles, des élections libres et la responsabilité de tous devant la loi. Donc pas par les armes et la rébellion.
Ainsi, face à l’hypothèse d’un retour de Kanambe, alias, Joseph Kabila au pouvoir, les Congolais doivent poser des questions précises :
– Quel bilan politique, sécuritaire, économique et institutionnel peut être établi de ses années de gouvernance ?
– Quelles responsabilités ont été identifiées par les enquêtes et les juridictions compétentes concernant les violences commises pendant cette période ?
– Les conditions constitutionnelles et légales d’un éventuel retour seraient-elles respectées ?
– Quelles garanties permettraient d’éviter la répétition des erreurs, des abus ou des crises du passé ?
Ces questions ne doivent pas être éludées au nom de la fidélité partisane, de l’opportunisme ou de la peur.
Hans Jonas, dans *Le Principe responsabilité* (1979), insiste sur le devoir de mesurer les conséquences de nos décisions pour les générations présentes et futures.
Cette responsabilité nous oblige à penser au Congo de demain, et pas seulement aux intérêts politiques d’aujourd’hui.
V. Congolais, levez-vous : la résistance citoyenne doit être pacifique et déterminée !
Congolaises, Congolais,
Il est temps de sortir de l’indifférence, de la résignation et des calculs qui sacrifient l’intérêt général aux ambitions individuelles.
Levez-vous dans les consciences !
Criez votre attachement à la justice !
Chantez votre amour du Congo !
Marchez pour la dignité, la paix et la souveraineté populaire !
Organisez des débats publics, interpellez les représentants élus, exigez la transparence, soutenez les organisations de défense des droits humains et mobilisez-vous dans le respect des libertés fondamentales.
Si vous estimez qu’un retour politique constitue un danger pour l’avenir du pays, exprimez votre opposition par des moyens pacifiques, légaux et démocratiques.
La résistance citoyenne n’a pas besoin de haine pour être ferme. Elle n’a pas besoin de violence pour être courageuse. Elle tire sa force de la conscience morale, de la solidarité et de la détermination collective.
Nelson Mandela, dont le combat contre l’apartheid demeure une référence mondiale, a déclaré dans son autobiographie *Un long chemin vers la liberté* :
« Être libre, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres. »
Cette pensée rappelle que notre combat pour le Congo doit également respecter la dignité de nos adversaires, les droits des minorités et les principes de l’État de droit.
Nous ne voulons pas remplacer un état de droit du Président Félix Antoine Tshisekedi par une domination du Rwanda via Hippolyte Kanambe. Nous sommes entrain de construire une République dans laquelle personne ne soit au-dessus de la loi.
VI. La responsabilité des intellectuels et des élites congolaises
Les intellectuels, les universitaires, les responsables religieux, les journalistes et les acteurs politiques ont une responsabilité particulière.
Ils ne doivent ni manipuler les souffrances du peuple ni se réfugier dans un silence confortable lorsque la vérité, la justice et la paix sont en jeu.
Leur mission consiste à éclairer les consciences, à vérifier les faits, à dénoncer les injustices démontrées et à proposer des solutions réalistes.
Dans cette perspective, l’éthique politique doit dépasser les slogans et les fidélités aveugles. Elle exige une culture de la preuve, de la responsabilité et du débat contradictoire.
Paul Ricœur, dans ses travaux sur la mémoire, l’histoire et l’oubli, nous aide à comprendre que la mémoire collective est une responsabilité délicate : elle doit reconnaître les souffrances sans se transformer en instrument de manipulation.
Nous devons donc refuser deux dérives : l’oubli organisé des victimes et la manipulation de la conscience.
Un Congo nouveau ne peut naître que d’une conscience historique exigeante et d’une volonté de justice.
Enfin, le Congo mérite mieux que la répétition de son histoire
Congolaises, Congolais,
Vous n’êtes pas un peuple inachevé. Vous êtes un peuple dont les aspirations à la paix, à la dignité et à la justice ont trop souvent été contrariées par les crises politiques, les guerres et les défaillances institutionnelles.
Mais cette histoire ne doit pas déterminer éternellement votre avenir.
L’avenir du Congo ne peut dépendre de la volonté d’un seul homme. Il doit reposer sur des institutions solides, une justice indépendante, une armée républicaine, une citoyenneté responsable et une démocratie dans laquelle les dirigeants rendent compte de leurs actes.
Le retour éventuel d’Hippolyte Kanambe, alias Joseph Kabila au pouvoir doit donc être examiné avec lucidité, à la lumière de son bilan, des faits établis, des exigences constitutionnelles et de l’intérêt supérieur de la nation.
Ne confondons jamais la paix avec l’impunité, la réconciliation avec l’oubli, ni la démocratie avec l’obéissance aveugle.
*Congolais, réveillez votre conscience nationale !*
*Congolais, défendez la vérité, la justice et la souveraineté populaire !*
*Congolais, mobilisez-vous pacifiquement le Président Félix-Antoine Tshisekedi, pour que l’avenir du pays ne soit jamais confisqué par les ambitions d’un individu !*
Car une nation véritablement libre n’est pas celle qui remplace simplement ses dirigeants. C’est celle qui se donne les moyens de ne plus subir les abus du pouvoir, quel qu’en soit l’auteur.
*Le Congo n’a pas besoin d’un homme providentiel. Il a besoin d’un peuple conscient, d’institutions justes et de dirigeants responsables.*
Prof. Odon Kakesa
Éthicien, théologien, philosophe et intellectuel catholique
RDC : PENDANT QUE FÉLIX-ANTOINE TSHISEKEDI PRÊCHE L’UNITÉ NATIONALE, NYARUGABU CULTIVE LA POLARISATION ET BRANDIT LA MENACE DE LA GUERRE
*La paix est-elle un bien commun à construire ou un instrument de chantage politique ?*
Prof. Odon Kakesa
Réflexion politique et éthique sur l’unité nationale en République démocratique du Congo.
La République démocratique du Congo traverse une période où la responsabilité politique, la conscience nationale et le sens de l’État doivent prendre le dessus sur les ambitions personnelles et les calculs de conquête du pouvoir.
Pendant que le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo s’efforce de maintenir l’unité nationale et de défendre l’intégrité territoriale du pays, certains acteurs politiques et militaires tiennent des discours qui interrogent profondément leur conception de la citoyenneté congolaise.
Les propos de monsieur Nyarugabu sont particulièrement préoccupants :
« Vous les Congolais, si vous voulez la paix, vous l’aurez, mais si vous choisissez la guerre, vous l’aurez aussi. »
Une telle déclaration mérite une analyse politique, mais également philosophique et éthique.
1. « Vous les Congolais » : quand le discours exclut celui qui prétend appartenir à la nation
Une question fondamentale se pose : lorsqu’un homme qui prétend participer au destin politique de la RDC s’adresse à ses compatriotes en disant « vous les Congolais », quelle conception de la citoyenneté exprime-t-il ?
La citoyenneté congolaise ne se mesure ni à l’origine familiale, ni à la langue maternelle, ni à l’appartenance communautaire. Elle repose sur un lien juridique, politique et civique avec la nation.
Cependant, les mots ont une signification. En opposant son interlocuteur aux « Congolais », monsieur Nyarugabu donne l’impression de se placer en dehors de la communauté nationale à laquelle il prétend pourtant appartenir.
La question n’est donc pas de condamner quelqu’un en raison de ses origines rwandaises, réelles ou supposées. La question est de savoir si ses actes, ses déclarations et ses engagements politiques sont compatibles avec les exigences de la citoyenneté congolaise.
Saint Augustin, dans *La Cité de Dieu*, livre XIX, chapitre 17, présente la paix comme la tranquillité de l’ordre. Cette pensée nous rappelle qu’une société ne peut vivre en paix lorsque ses membres substituent la menace, la division et la violence à la recherche du bien commun.
La paix n’est pas une faveur accordée par un chef de guerre à une population. Elle est un droit du peuple et une responsabilité de tous.
2. Nyarugabu : la paix ou la guerre, un discours qui ressemble à un ultimatum
La paix ne peut être conditionnée par la volonté d’un individu ou d’un mouvement armé.
Dire aux Congolais qu’ils auront la paix s’ils la veulent, mais la guerre s’ils la choisissent, revient à placer la population devant une alternative qui ne devrait jamais lui être imposée par la menace.
Mais une interrogation demeure : qui a donné à monsieur Nyarugabu le pouvoir de parler au nom de la guerre et de la paix en République démocratique du Congo ?
Un responsable politique digne de ce nom doit rechercher les voies du dialogue, du compromis et de la réconciliation. Il ne doit pas transformer les souffrances de la population en instruments de pression politique.
Saint Thomas d’Aquin, dans la *Somme théologique*, II-II, question 29, considère la paix comme une réalité profondément liée à la charité et à l’unité. La véritable paix ne consiste pas simplement en l’absence de combats. Elle suppose une volonté de vivre ensemble dans la concorde.
Dès lors, celui qui menace une population de guerre doit expliquer ses intentions, ses objectifs et les moyens qu’il entend employer pour parvenir à ses fins.
3. De Laurent-Désiré Kabila à aujourd’hui : une question historique et politique
Une autre interrogation mérite d’être posée à monsieur Nyarugabu.
Si son attachement à la nationalité congolaise et à l’avenir du pays est incontestable, comment explique-t-il son départ de la RDC à l’époque où Laurent-Désiré Kabila avait exigé le départ des militaires rwandais présents sur le territoire congolais ?
Il faut distinguer les situations individuelles et les responsabilités historiques. Toutefois, cette période demeure importante pour comprendre les rapports complexes entre les autorités congolaises, les forces étrangères et les mouvements armés.
Aujourd’hui, si monsieur Nyarugabu justifie son engagement dans une rébellion par des griefs politiques ou sécuritaires, il lui appartient d’en apporter une justification crédible.
Mais une question fondamentale s’impose : pourquoi le recours aux armes serait-il devenu une solution légitime pour régler les différends politiques ?
La République démocratique du Congo n’a pas besoin de nouveaux chefs de guerre. Elle a besoin de citoyens capables de construire des institutions solides et de respecter la souveraineté nationale.
4. Hippolyte Kanambe : peut-on combattre hier avec ses ennemis et devenir aujourd’hui leurs alliés ?
Le cas d’Hippolyte Kanambe, connu sous le nom de Joseph Kabila, soulève une autre contradiction politique majeure.
Ancien président de la République pendant dix-huit années, il invoque aujourd’hui la situation sécuritaire du pays pour justifier son opposition armée au pouvoir en place.
Une interrogation s’impose : comment un ancien chef de l’État, qui a dirigé les institutions pendant près de deux décennies, peut-il prétendre résoudre par les armes les problèmes de sécurité qu’il n’a pas réussi à résoudre pendant son propre exercice du pouvoir ?
Plus troublant encore, comment expliquer le rapprochement avec des forces du M23, mouvement contre lequel son propre camp a combattu à certaines périodes ?
La politique peut autoriser des alliances circonstancielles, mais elle ne dispense jamais les responsables de rendre compte de leurs choix.
Saint Thomas d’Aquin, dans la *Somme théologique*, II-II, question 40, explique que la guerre ne peut être moralement justifiée que sous certaines conditions, notamment l’autorité légitime, une cause juste et une intention droite.
Cela signifie que toute insurrection armée ne devient pas automatiquement légitime parce que ses auteurs invoquent la sécurité, la démocratie ou la justice.
La question est donc simple : quelle cause juste peut justifier de prendre les armes contre une population que l’on a autrefois eu la responsabilité de servir ?
5. Banyamulenge et Banyarwanda : ne confondons pas une communauté avec les responsabilités de certains individus
Une question particulièrement sensible concerne les militaires d’origine banyamulenge ou rwandaise qui, selon les situations rapportées, abandonnent les rangs des Forces armées de la RDC pour rejoindre des mouvements rebelles.
Ces comportements, lorsqu’ils sont établis, doivent faire l’objet d’enquêtes et de sanctions conformément aux lois de la République.
L’armée nationale doit être une institution républicaine, fidèle à la Constitution et à la souveraineté nationale, et non un instrument au service des intérêts communautaires, étrangers ou personnels.
Cependant, il serait injuste de transformer les actes de certains individus en accusation collective contre tous les Banyamulenge ou tous les Banyarwanda.
Les Banyamulenge qui servent loyalement la RDC, qui respectent ses institutions et qui défendent son intégrité territoriale sont aussi des Congolais à part entière.
La véritable ligne de séparation ne doit donc pas être ethnique. Elle doit être morale, civique et républicaine : d’un côté, ceux qui respectent la nation et ses institutions ; de l’autre, ceux qui prennent les armes contre elle.
Saint Augustin, dans *La Cité de Dieu*, nous invite à comprendre que la communauté politique doit être fondée sur une certaine concorde autour des biens communs.
La fraternité nationale ne peut donc être déterminée par le sang ou l’origine géographique, mais par le respect mutuel, la loyauté et la volonté de construire ensemble un avenir commun.
6. Le Congo n’est pas un héritage privé que l’on peut reconquérir par les armes
Il faut rappeler une vérité fondamentale : la République démocratique du Congo n’appartient ni à Félix Tshisekedi, ni à Joseph Kabila, ni à Nyarugabu, ni à une communauté particulière.
Elle appartient à tous les Congolais.
Le pouvoir politique n’est pas une propriété privée que l’on peut perdre à une élection et récupérer par une rébellion.
Un ancien président n’a pas davantage de droits sur la République qu’un simple citoyen. Son expérience devrait plutôt lui imposer une responsabilité supplémentaire : celle de contribuer à la stabilité des institutions et à la préservation de la paix.
Saint Thomas d’Aquin enseigne que l’autorité politique doit être ordonnée au bien commun. La finalité du pouvoir n’est pas de satisfaire l’ambition personnelle du gouvernant, mais de servir la communauté.
Dans cette perspective, la conquête du pouvoir par la violence constitue une grave remise en cause de l’ordre politique et moral.
7. Congolais, ne laissons pas les ambitions personnelles détruire notre fraternité nationale !
Peuple congolais, notre histoire est suffisamment douloureuse. Des millions de nos compatriotes ont souffert des guerres, des déplacements forcés, des massacres et de l’instabilité institutionnelle.
Nous ne pouvons pas continuer à accepter que chaque désaccord politique devienne un prétexte à la mobilisation des armes.
Nous devons poser les bonnes questions, sans haine et sans discrimination :
– Pourquoi certains acteurs politiques ne se voient-ils dans l’avenir du Congo qu’à travers l’exercice du pouvoir ou la rébellion ?
– Pourquoi ceux qui prétendent défendre le peuple choisissent-ils parfois de mettre sa vie en danger ?
– Pourquoi les anciens dirigeants ne privilégient-ils pas les voies constitutionnelles et démocratiques ?
– Pourquoi certains militaires trahissent-ils leur serment envers la République pour rejoindre des mouvements armés ?
Et surtout, pourquoi laisser les ambitions de quelques individus compromettre la fraternité entre des millions de Congolais ?
La réponse ne doit pas être la haine contre une communauté. Elle doit être l’exigence de responsabilité, de justice et de loyauté envers la République.
CONCLUONS: LA PAIX N’EST PAS UNE MENACE, C’EST UN ENGAGEMENT MORAL
Saint Augustin nous enseigne que la paix est la tranquillité de l’ordre. Saint Thomas d’Aquin nous rappelle que la justice et le bien commun constituent des exigences fondamentales de la vie politique.
Ces deux grandes pensées chrétiennes nous conduisent à une même conclusion : aucun pouvoir, aucune ambition personnelle et aucune revendication communautaire ne peut justifier que la vie humaine soit sacrifiée au profit d’une conquête politique.
Monsieur Nyarugabu doit comprendre que la paix du Congo ne dépend pas de ses menaces. Hippolyte Kanambe doit comprendre que les dix-huit années passées à la tête de l’État ne lui donnent aucun droit de reconquérir le pouvoir par les armes.
Et tous ceux qui nourrissent des ambitions de rébellion doivent comprendre que le Congo n’est pas un territoire sans maître ni un butin de guerre.
Quant aux Congolais, nous devons apprendre à distinguer nos frères et sœurs de ceux qui, quels que soient leurs noms, leurs origines ou leurs appartenances, choisissent de mettre en péril notre destin commun.
*Le Congo a besoin de citoyens, pas de seigneurs de guerre ; de bâtisseurs, pas de conquérants ; de justice, pas de vengeance ; de fraternité, pas de division.*
La République est une et indivisible. Sa paix ne se négocie pas sous la menace des armes. Elle se construit dans la justice, le respect des institutions et la fidélité au bien commun.
Références :
* Saint Augustin, La Cité de Dieu, XIX, 13 et XIX, 17 : la paix comme tranquillité de l’ordre et fondement de la vie collective.
* Saint Thomas d’Aquin, Somme théologique, II-II, question 29 : la paix et la concorde.
* Saint Thomas d’Aquin, Somme théologique, II-II, question 40 : les conditions morales de la guerre juste.